Les inégalités progressent par le haut en France.

Si la pauvreté reste assez stable et les classes moyennes voient peu progresser leur situation, les personnes à très hauts revenus, c'est-à-dire 1% des ménages les plus riches déclarant au moins 84.500 euros brut par an au fisc, distancent leur reste de la population. En outre, le nombre de très riches s'accroît.

Une étude de l'Insee, parue vendredi 2 avril, montre qu'entre 2004 et 2007, leurs revenus ont eu tendance à croître de 16 % pour les aisés (0,9% de la population la plus riche), 27 % pour les très aisés (0,09% de la population encore plus riche) et 40 % pour les plus aisés (0,009% de la population encore plus riche que les précédents) alors que le revenu moyen du reste des Français n'a crû que de 9%.

Résultat: "l’ensemble de la population s’appauvrit ainsi relativement aux très hauts revenus", note l'Insee.

Avec un revenu médian de 112.000 euros brut par an, ces très riches gagnent 6 fois le revenu médian des Français et jusqu'à 700 fois pour les plus riches. Il y a donc aussi entre les très riches, de forts écarts de revenus.

Comment les riches deviennent de plus en plus riches?

Non seulement, les très riches ont vu leurs salaires croître de façon beaucoup plus forte que le reste de la population mais en plus leurs autres sources de revenus, les revenus du capital (portefeuille boursier, patrimoine foncier) dont ils captent la plus grande partie en France, ont encore progressé plus vite que les revenus du travail.

Les revenus tirés du capital ont crû de 46% et 55% sur la période pour les aisés et très aisés contre 11% pour leurs revenus du travail déclarés.

Or, les très riches détiennent 32% des revenus du patrimoine et 48 % des revenus financiers. Si bien que pour une franche de la population des très aisés, soit 0,09% de la population, les revenus du capital représentent la moitié de leur source de revenus contre à peine 3% pour 90% des autres Français.

Les plus grosses hausses salariales concernent aussi les plus riches, selon une autre étude de l'Insee.

Dans le secteur privé, les très hauts salaires (1% des salariés à temps complet) ont progressé en moyenne de près de 6% par an pour les personnes déjà en place et 14,5% pour les nouveaux entrants contre 2,3% en moyenne pour l’ensemble des salariés.

133.000 personnes ont ainsi perçu, en moyenne, un salaire brut de 215.600 euros soit près de sept fois le salaire moyen de l’ensemble des salariés à temps complet du secteur privé (près de 32.000 euros), relève l'Insee.

Dirigeants d'entreprises, banquiers, commerciaux...

Ces hauts salaires sont perçus par les cadres dirigeants travaillant essentiellement dans le conseil et l'administration des entreprises, dans la finance (banque, service financier des entreprises, traders…) et dans le commerce (cadres commerciaux dans le commerce de gros et l'industrie).

Enfin, un dernier groupe plus hétérogène est constitué de professions plus techniques, avec des spécialistes de l’informatique ou des télécommunications (4 %), des ingénieurs de l’industrie (7 %) ou des pilotes du transport aérien (2 %).

Les femmes oubliées

Dernière des inégalités et la plus criante: les femmes restent toujours très à l'écart des postes à hauts salaires où l'on compte seulement 13% d'entre elles.

"Plus on s’élève dans la hiérarchie salariale, plus la proportion d’hommes s’accroît. Elle est de 55% dans l’ensemble des salariés du privé, de 65 % pour les seuls salariés à temps complet, de 78 % parmi les "hauts salaires" et s’élève à 87 % parmi les "très hauts salaires", souligne l'Insee.